Ma folle de vie
Ouin. Fait longtemps que je ne suis pas venue donner de nouvelles.
Apparence que la Madame n’a plus beaucoup de temps à elle ces temps-ci. Apparence qu’avoir deux enfants, c’est de la job….
Que d’avoir un loulou qui fait ses nuits au gré de ses humeurs, tout en mélangeant ça avec le superbe T2, c’est pas facile…
Que d’avoir pensé s’être tirée indemne de la poussée de croissance de trois mois et de la voir ressurgir de nouveau deux semaines plus tard, c’est dur sur les lolos et sur les dodos…
Que d’avoir une minie puce de trois mois qui perce des dents, c’est fatiguant…
Que d’avoir trente ans, ça fesse dans le dash…
Que de décider de chambouler sa vie au complet, c’est essouflant!
Mouais. C’est tout ça qui s’est passé dans les derniers temps. N’oublions pas le michant virus du rhume qui s’en est donné à coeur joie tant avec la maman, que le papa, que le grand, que la poulette. Joie. Mais bon, ma grosse nouvelle, c’est qu’on est en train de repartir notre vie à neuf. Monsieur Papa lâche sa job pour une autre, moins payante mais qui nous permettra d’avoir une meilleure qualité de vie pour notre famille. Comme le dit emploi se trouve dans l’est et que la charmante maman a aussi un emploi dans l’est, nous avons décidé de… déménager! Où? Ben dans l’est mouahaha!
Donc l’agente vient ce soir, on met la maison en vente. Notre petit nid où nous avons passé les cinq premières années de notre mariage, où j’ai perdu mon deuxième bébé, où mes deux enfants ont été conçus et ont vécu leurs premiers instants…
Je trouve ça difficile mais c’est pour le mieux, pour que mes enfants puissent profiter de leur papa. Pour qu’on soit plus heureux. Pour qu’on soit mieux.
Mais en attendant, les prochaines semaines risquent d’être chargées avec le début du nouveau travail de Monsieur Papa, la vente de la maison, la recherche d’une autre, la recherche d’une nouvelle garderie, les boîtes, le déménagement, alouette! Allo l’instabilité pour les prochains temps! Je suis déjà fatiguée juste à y penser…
Allez hop! Des visites! Qu’on vende et qu’on en finisse!
Tag!
Apparence que j’avions été tagguée par Small mama durant mon absence!
Règlements de la tag:
1- Mettre le lien de la personne qui vous tag;
2- Mettre les règlements de la tag sur votre blog;
3- Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même;
4- Tagguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens;
5- Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes tagguées.
Alors woilà!
1-Je suis capable de faire craquer mes orteils… et j’aime le son que ça produit quand je le fais!
2-Je classe mes CD et mes DVD par couleur; ça fait plus beau!
3-J’ai été deux fois aux Jeux du Québec en soccer!
4-J’aime gratter les gales, alors allo les cicatrices hein!
5-Lorsque je mange une toast au Cheezwhiz, je dois impérativment l’accompagner d’un Quick au chocolat!
6-Lorsque je lis des romans en anglais, je me mets à rêver en anglais aussi!
Totalement intéressant hein ;)
Alors je donne la tag à qui la veut bien! Je manque un ti-peu beaucoup de temps pour faire le tour et tagguer à mon tour! Je suis sûre que vous comprenez ;)
Mon ti-frère
Aujourd’hui, j’ai le goût de vous parler de mon ti-frère.
Mon ti-frère est un artiste. Avec un grand A. Du genre qu’on ne comprend pas toujours. Du genre anti-conformiste. Du genre simplicité volontaire. Du genre à ne travailler que 3 jours par semaine dans un centre en art actuel à Québec, juste assez pour vivoter et lui permettre de consacrer la majorité de son temps à son art. À la peinture. À la musique. À la performance. Aux voyages.
Mon ti-frère fait des expositions de peinture. Mon ti-frère fait des disques. Mon ti-frère fait des performances. Mon ti-frère fait des voyages pour se faire connaître et partager son art. Aux States. En Pologne. En Irlande. En Argentine. Bientôt il repartira pour Cuba, pour la deuxième fois.
Mon ti-frère, c’est un marginal. Mais je l’aime. Même si je ne comprends pas toujours. Et je suis fière de lui. Parce qu’il fait ce qu’il aime. Parce qu’il va au bout de ses idées. Parce qu’il sait faire fi de tout. Parce qu’il est en train de faire sa place. De laisser sa trace.
Mon ti-frère, il m’inspire. Il vit de ses convictions. De ses passions. No matter what. Qui peut se vanter d’en faire autant?
Je suis vivanteeee!
Ouf! Fait longtemps que je ne suis pas venue faire un tour ici! Pour ma défense, sachez que Monsieur Papa n’a recommencé à travailler que lundi passé, après 6 semaines de parental avec sa famille nouvellement agrandie. Et que toute la famille a eue la joie d’être attaquée par un superbe rhume pour certains, grippe et bronchite pour d’autres, bébé inclu.
Le choc de se retrouver seule avec deux marmots sur les bras, après six semaines, je vous dis pas! Gérer les crises du plus vieux en plein dans son terrible two, tout en ayant bébé dans les bras qui pleure pour boire. Ou être en train d’allaiter et avoir le plus vieux qui hurle à côté pour avoir du jus ou du lait. Ou être en train de changer la couche de bébé et avoir loulou qui crie “caca! pipi! caca!” parce qu’il n’est pas capable de baisser ses pantalons alors qu’on ne sait même pas s’il a vraiment envie ou s’il veut juste tout enlever le bataclan pour se jouer après le pénis, sa nouvelle passion. Ou être en train de tenter, je dis bien tenter, de coucher le plus vieux quand soudain bébé se met à pleurer dans sa balançoire. Ouin. Je manque de bras quoi! Ou de pratique…
Ne désespérons point, je vais survivre! Un jour ce sera plus facile! Un jour j’aurai des trucs et développé une jolie routine que les enfants s’amuseront à chambouler ;)
En attendant, je m’extasie tous les jours des progrès de ma poulette qui a maintenant 7 semaines et de mon loulou, qui lui aussi, grandit et grandit sans cesse… et parle et parle et parle et parle et parle et parle sans cesse. Je vous ai dit que mon loulou parlait sans cesse? Oui? Ah bon.
Sur ce, je retourne à mes mousses et tenterai de venir répondre au joyeux questionnaire plus tard aujourd’hui, si poulette daigne me laisser un peu de temps et si ma voiture réussit à partir dans ce froid sybérien pour aller porter loulou à la garderie. Sinon, il faudra un miracle de dieu pour que les deux dorment en même temps parce que je suis seule avec eux. À suivre donc!
Mon récit d’accouchement!
Ainsi Naquit Petite Poulette
ou
-petite histoire d’un accouchement intense et rapide-
21 décembre, 21h30.
Je me prépare doucement à aller au lit. Ce ne sera pas pour ce soir. Pas l’ombre d’une contraction à l’horizon. Je commence à me dire doucement que je vais avoir encore ma bedaine à Noël et que tu seras parmi nous seulement au Jour de l’An…
21 décembre, 22h00.
Je dépose mon livre pour me coucher pour la nuit. Ton papa dort déjà. Tiens, une contraction! Bah, sûrement que c’est dû à l’effort…
21 décembre, 22h10.
Une autre contraction. Ah bon, serait-ce encore de la latence? Ou LA fois? On verra bien…
21 décembre, 22h20.
Et bien, une certaine régularité! Les contractions font mal, beaucoup plus que lors de ma latence. Je dois me concentrer à respirer, à penser aux vagues. Tu t’en viens ma toute belle! Je décide quand même d’attendre avant de réveiller papa, ça ne fait pas assez longtemps que j’ai des contractions et je suis quand même juste aux 10 minutes…
Et les contractions se poursuivent aux 8-10 minutes…
21 décembre, 22h50.
Je réveille ton papa et lui dit que ce sera ce soir. Il me demande si on apelle ton grand-papa et ta grand-maman tout de suite. Je lui dis non, je veux prendre un bain avant pour m’assurer que les contractions demeurent. On s’entend que je vais aller dans le bain et que l’on va décider quand les appeler après 10 minutes.
21 décembre, 23h10.
J’embarque dans le bain. Oups! Une contraction qui arrive en force. Ça fait mal. J’essaie de me détendre mais c’est difficile dans le bain. Elle part… et ça revient! Tout de suite! Je me concentre sur ma respiration, sur les vagues. Je crie à ton papa d’appeller tes grands-parents tout de suite, ça urge! Les contractions n’arrêtent jamais. Comme une seule grosse vague qui déferle et se gonfle sans fin, à l’infini, sans jamais retourner à l’océan pour s’évanouir.
Ton papa veut que je sorte du bain, je ne suis pas capable. J’ai toujours des contractions, jamais de répit. Je gémis, je respire, je pense aux vagues, je pense à toi qui s’en vient.
21 décembre, vers 23h40.
Papa se rend compte que tes grands-parents n’arriveront pas à temps. On ne peut pas partir, il y a ton grand frère qui fait dodo dans la chambre d’à côté. Il appelle Marie, mais ça ne répond pas. Il décide d’appeller le 911 pour une ambulance. Le téléphoniste guide ton papa, lui pose des questions, lui fait rassembler des serviettes. Un lacet. Une épingle à couche. Pendant ce temps, je continue à me concentrer sur ma douleur, sur ta venue. Ça va tellement vite! Ça fait mal, c’est tellement intense! Je me sens ouvrir. Je te sens descendre. Tu arrives ma poulette, tu arrives!
Le téléphoniste veut que je sorte du bain. Je suis rendue inconfortable. Mais je ne sais pas comment faire, j’ai tellement mal! Je n’ai pas de répit. Toutes mes forces sont concentrées sur le contrôle de ma douleur, je n’ai plus trop conscience de ce qui se passe autour. Je suis dans ma bulle.
Avec l’aide de papa, je sors du bain. Je me mets à quatre pattes et je me balance un peu. J’essaie de changer de position, mais c’est la seule qui me permet de gérer correctement ma douleur. Je perds une partie de mes eaux. Ça coule entre mes jamabes.
22 décembre, vers minuit.
Les ambulanciers arrivent. Ils veulent que je les suive et que je descende les escaliers. Je dois m’habiller parce que je suis nue. Je ne suis pas capable. Toute ma concentration est fixée sur mes contractions, sur toi qui s’en vient. Je suis dans ma bulle et je me fiche un peu d’eux. L’ambulancier est bête, alors je sors juste assez de ma bulle pour lui répondre du tac au tac. Je lui dis qu’il est bête. Qu’il n’est pas sweet. Que je ne l’aime pas. Ton papa dit qu’il n’était pas si méchant, qu’il a utilisée la seule tactique qui aurait pu fonctionner pour me faire bouger…
Je fini par mettre ma robe de chambre et prendre une paire de bas de laine dans mes mains pour pouvoir mettre mes souliers. Je perds encore du liquide dans le haut de l’escalier. En bas, ton papa a rapatrié mes cartes. Tes grands-parents ne sont toujours pas-là.
22 décembre, vers 12h15.
Les ambulanciers entrent la civière. Je dois partir avec eux. Je me couche et on m’attache. Je donne des directives à ton papa, je lui dis que je l’aime. Je lui demande d’appeller ton autre grand-papa. On quitte. J’ai gardé ma paire de bas dans les mains.
22 décembre, vers 12h20.
L’ambulance part. Les contractions font atrocement mal parce que je suis couchée sur le dos. Et attachée. J’ai de la difficulté à gérer les vagues et je me sens perdre le contrôle. Je gémis de plus en plus. Je fixe mon attention sur ma respiration. Et sur mes bas de laine que je sers comme une bouée dans mes mains. Chaque soubresaut de l’ambulance me déchire le corps de douleur. Je me rends compte que l’ambulance quitte l’autoroute. On arrive bientôt. Tu seras bientôt là ma puce…
22 décembre, vers 12h35.
L’ambulance entre dans le garage. On circule dans l’hôpital. J’essaie d’écarter mes jambes malgré les sangles. Tu pousses…
On arrive à la maternité. Je n’en peux plus et je déboucle les sangles qui retiennent mes jambes pour pouvoir les écarter et pousser un peu. On m’entre dans une chambre. Je dois transférer sur le lit. Je le fais et demeure à quatre pattes. On me demande de me mettre sur le dos pour vérifier ta position et la dilatation. Je ne veux pas. Je suis dans ma bulle. On me le redemande et je me couche. Je suis complète. On me dit de ne pas pousser. Trop tard. Tu veux sortir. Tu pousses tellement fort sur mon vagin. Je pousse un petit coup et zoup! Ta tête sort! C’est le branle-bas dans la chambre. Plusieurs infirmières entrent en coup de vent. Il n’y a pas de médecin.
22 décembre, 12h46.
Je pousse encore un petit coup et tu glisses en entier! Tu es arrivée! On te dépose sur moi. Tu sens le liquide amniotique, le bébé tout neuf. Tu es tellement belle! Je suis heureuse et triste à la fois. Tu es là, dans mes bras. Mais ton papa n’y est pas. Il n’a pas eu le temps de se rendre. Je me sens si seule. Tout en étant si comblée de t’avoir dans mes bras. On me propose de couper ton cordon. Quel drôle de feeling de couper le lien qui nous a unies pendant tous ces mois…
22 décembre, quelques minutes après ta naissance.
Ton papa arrive. Il t’a manquée, tu étais si pressée de sortir! Mais il arrive pour la sortie du placenta. Quelle ironie! Que c’est doux de l’avoir avec nous…
Le Dr S. arrive peu de temps après en lançant un retentissant « si tu voulais pas accoucher avec moi, tu aurais pu le dire avant! »
Tout le monde rit.
Tout le monde veut savoir l’histoire.
TON histoire ma beauté!
Bienvenue Petite Poulette…
22 décembre 2007
7lbs14oz
20po.
Elle est née!
Je vous présente ma petite beauté, ma toute belle qui a fait son entrée dans nos vies il y a trois semaines aujourd’hui! Petite Éléonore est donc née le 22 décembre dernier, à 00h46.
En attendant que je mette mon récit en ligne, voici une photo de ma poulette adorée :)

Une autre merde
Tiens, juste pour en rajouter. J’ai eu un accident de voiture hier. Avec un autobus scolaire. Pu de voiture. Toujours une bedaine. Malgré les contractions et des douleurs au bassin qui sont apparues, ô par magie, cette nuit et ce matin.
Mais définitivement pas le moral pour faire face à un revirement de situation comme ça. Quand est-ce que ça va lâcher hein?
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Folle
Avoir envie de trucider son gamin de 2 ans parce qu’il pète une coche dans la voiture. Lui en faire une en retour. Le domper, et c’est le cas de le dire, à la garderie sans lui donner de bec. Brailler tout le long en revenant.
C’est-ti un signe imminent qu’on va accoucher ça?
Quoi? Vous dites?
Non? D’internement?
Zavez ben raison.
Non j’ai pas ENCORE accouché!
Ouf! je me rends compte que ça fait un bout que je ne suis pas venue donner de nouvelles et c’est qu’il s’en est passé des choses depuis!
Tout d’abord, non je n’ai pas eu de césa, alors par conséquent, non je n’ai toujours pas accouché, quoique ça aurait pu être de l’ordre du possible était à moins de 4jrs de ma DPA.
Pour faire une histoire courte, lorsque je me suis présentée le lundi matin à mon rendez-vous pré-op, j’ai demandé une écho parce que j’avais une certitude profonde que ma poulette s’était retournée. J’ai dû pousser fort pour en avoir une, pas mal envers et contre tous les professionnels de l’hosto qui ne me croyaient guère, mais ça aura valu la peine puisque miss était effectivement revenue en céphalique et donc, que j’ai pu m’éviter une césa à moins de 48hres d’avis!
J’ai été en hystérie totale et sur un nuage pendant quelques jours de savoir que je pourrais finalement un accouchement vaginal, mais là, la féérie est passée. La Madame est tannée. Pas d’être enceinte en tant que tel. Non. Ça c’est correct et je vais encore somme toute relativement bien côté physique. Non. La Madame est tannée d’avoir des contractions sans fin depuis jeudi passé et que ça n’aboutisse à rien.
Bon ok, je sais que c’est pas pour rien. Que c’est mon corps qui travaille et se prépare. Que ce travail là n’est pas perdu, que je n’aurai juste pas à le refaire rendu à l’accouchement. Mais savez-vous quoi? Pour l’instant, ça ne me fait pas un pli sur la différence. Parce que je suis fatiguée. Parce que je suis tannée. Parce que je suis écoeurée.
J’aimerais mieux ne pas avoir de contractions avant d’accoucher et avoir un travail de 20hres dans la même journée ou que ça fasse comme pour loulou, pas vraiment de contractions avant le grand jour, mais perte des eaux à 6hres et accouchement à 23h15, que d’endurer des stupides contractions qui fatiguent pendant une semaine de temps et que ça ne prenne que 2hres pour accoucher. Parce que pour l’instant, mon corps suit pu. Pis mon esprit non plus si vous voulez tant le savoir. Tannée de penser que peut-être que ça y est. Tannée d’avoir des contractions régulières qui se rapprochent pendant quelques heures pour ensuite disparaître on ne sait où. Tannée de perdre du bouchon en quantité phénoménale. Bazwell, on croirait que mon vagin a un méga rhume qui ne veut pas partir. Tannée de me sentir toute seule…
Maudine, je veux juste que ça s’arrête. Ou que ça se poursuive, mais pour de bon. Que ça ai une finalité. Pas que ça gosse et gosse et gosse sans fin…
Le regard des autres
Avant de commencer, je tiens à m’excuser auprès de mes amies de mon silence. Je trouve trop difficile émotivement parlant de discuter de mon opération accouchement prochain pour vous approcher. C’est beaucoup trop à gérer en peu de temps. Apprendre que la version est un échec. Apprendre que l’on aura une césarienne exactement une semaine plus tard. Surtout quand toutes les fibres de notre corps crient non. Non. Non.
Hier, j’ai été confrontée à ce que je cragnais le plus. Les regards qui tuent. Les regards qui percent lorsqu’ils entendent le mot césarienne. Qui soustendent que tu ne veux pas souffrir. Que bof, tu ne fais pas partie de la “gang”. Que l’arrivée prochaine de ton bébé ne mérite pas d’être discutée. Pas de l’enfant en tant que tel. Mais de l’accouchement. Du “processus”.
Ben sûr, les regards changent quand ils comprennent que le bébé est en siège. Que ce sont les pieds qui se présentent en premier. Que tu le prends difficilement. Que tu t’es renseignée vois si tu ne pouvais pas en changer la finalité. Mais ça ne change pas le fait que ce regard, je l’ai vu au fond de leurs yeux. Que ce jugement, je l’ai senti. Que cette impression d’être une paria demeure.
Puis y’a aussi tous les commentaires que les gens se permettent. Que les bébés nés de césa sont plus beaux. Qu’ils n’ont pas de conehead. Sincèrement, je m’en fous-tu moi de la forme de la tête!?! Mon fils avait le plus spectaculaire des coneheads que je n’ai jamais vu et il était malgré tout, le plus beau. Que j’ai au moins l’avantage de savoir quand ça va se passer. Allo?!? Le suspence est l’une des parties les plus excitantes de la fin de grossesse. Tu ne sais pas le où, quand, comment, mais tu sais que ça s’en vient…
Puis finalement, y’a les personnes qui se permettent de mentionner que certains docs vont accoucher des sièges. Que des SF le font. Que vlà 200 ans, les femmes accouchaient ce type de siège. Que les docs ne savent plus accompagner les femmes qui ont des bébés en siège. Donc que la difficulté provient du fait que je suis suivie par un doc. Tous des commentaires qui soutendent que je me laisse porter par le flot. Que c’est ça être suivie par un doc. Que je suis une ignare. Que je ne me suis pas informée.
Or, ça adonne que la fille, oui, elle s’est renseignée. Mais que ça lui tente pas de se justifier. De se battre contre les préjugés. Parce que pour l’instant, elle en a bien assez à gérer avec ses propres démons.
Malgré le fait que je suis suivie par un doc, oui, je demeure une fille informée. J’ai fait ce choix parce que je me sens en confiance. Parce que cet homme me suit depuis 4 ans. Parce qu’il connaît mon parcours. Parce qu’il me respecte. Parce qu’il sait m’écouter. Parce que je peux discuter avec lui. Et j’ai discuté avec lui vendredi. Des faits. Des statistiques. Des risques. De ce que j’avais lu. De tout.
Et ça donne que si ma fille avait été placée en un siège complété, oui on aurait tenté un accouchement vaginal. Que le siège par les pieds, ben c’est le siège qui comporte le plus de risques. Que c’est la césa automatique. À cause de la procidence du cordon. Que peut-être que vlà 200 ans les femmes accouchaient avec une SG, mais plus maintenant. Parce que les SF affiliées ne peuvent pas plus que les docs suivre une femme qui a un bébé en siège qui se présente par les pieds. Ah oui, peut-être que certains SF hors-réseau le font, mais encore faut-il les trouver! Et en une semaine, comment pourrais-je bien en trouver une et bâtir une assez grande confiance en elle pour tenter d’accoucher vaginalement?!?
Qui le ferait hein? Avec une personne que l’on ne connaît pas. Quand les chances que le cordon passe en premier sont énormes. Quand on sait que si cela se produit, les risques que bébé manque d’oxygène, aie des séquelles et même décède sont là. Quand je sais que présentement ma poulette est en parfaite santé et que JE pourrais faire basculer tout cela en décidant, bien égoïstement, de tenter un accouchement vaginal? Et me retrouver avec une petite fille ayant la paralysie cérébrale? Ou une petite fille morte dans les bras?
J’en suis là. J’ai pesé les pour. Et les contre. Et même si ça ne me fait aucunement plaisir. Même si je ne le prends toujours pas. Que j’ai de la difficulté à gérer tout ça. Et bien césarienne ce sera. Pour le bien-être de ma fille. Pour la santé de ma fille. Pour la vie de ma fille.
À mercredi ma toute belle…