Je ne l’ai jamais caché, je suis une exilée de ma contrée d’origine. J’ai tour à tour été au cours des dernières années une fausse Trifluvienne. Une fausse Sherbrookoise. Une fausse Montréalaise. Une fausse Lavalloise. Maintenant une fausse Lanaudoise.
Je dis “fausse” parce que bien que demeurant aux pourtours du Grand Montréal depuis maintenant plus de douze ans, mes racines ont toujours été plantées là oû poussent les épinettes noires. Là oû le soleil se couche sur les plus beaux ciels étoilés. Là oû l’on peut parfois apercevoir de superbes aurores boréales.
Là-bas se trouve la tranquilité. L’eau. La terre. Le ciel. La famille.
Là-bas le traffic n’existe pas. Là-bas. Là-bas. Là-bas.
Mes racines crient. Mon amoureux me suit dans ma lubie. Mes amies s’éparpillent. Ma vie avance.
J’hésite. Je jongle.
Ma maison. Ma belle maison que j’aime tant. Sur laquelle nous avons travaillé si fort depuis notre arrivée il y a moins d’un an. Et le quartier. Et l’école à côté. Et la garderie que j’adore. Les amis de Loulou. Ses amis auquels il tient tant. Surtout T. dont il parle tout le temps.
Mon travail aussi que j’aime. Qui me permet de me réaliser sur plusieurs points. Qui me permet d’exploiter des sphères touchant plusieurs de mes passions. Ce qui a commencé par un petit travail de conseillère s’est tranquillement modifié. Oui il y a encore le service à la clientèle. Mais il y a aussi la gestion du site web. Et maintenant le volet pub.
Mais là-bas.
Là-bas il y a l’amour. Il y a une famille pour mes enfants. Un grand-papou, mon père. Une grand-mamou, ma mère. Une tante, ma soeur. Un oncle, son chum. Des arrières-grands-parents, mes grands-parents. Des milliers de grandes tantes, mes tantes. De grands oncles, des oncles. De petits cousins, mes cousins. Des dizaines d’enfants, les enfants de mes cousins, lors des réunions familiales.
De l’amour. De la famille. De l’aide. Des grands espaces. L’Abitibi.
L’idée suit son chemin, dans la tête comme dans le coeur. Les racines tirent. Les racines crient. Mais qui l’emportera…


