Dodo en liberté


Coupe-coupe-coupe

Alors voilà, hier j’avais mon écho pour vérifier la position de ma cocotte. Le tite dit tout ce qu’il y a à dire sur l’issue de cette rencontre…

Je le savais que ma poulette n’était plus tête en bas et comme de fait, j’avais raison. Un beau siège complété, la tête dans le haut à droite, les fesses en bas à gauche, les petites pattes repliées, les petits pieds directs dans le col…

Depuis que mon doc m’avait parlé de version il y a deux semaines, j’avais un feeling. Tsé le genre de feeling que tu ressens au plus profond de toi, le genre de feeling qui ment pas, qui trompe pas, jamais. Je le savais que si j’avais une version, ça ne fonctionnerait pas, que ça finirait en césa…

Et ben, c’est ça qui est ça :(

La gynéco a tenté par trois fois de la tourner et par trois fois, ça a bloqué au même endroit. Dès qu’elle la relâchait, elle se replaçait dans la même position. Et je le sentais que ça bloquait, que quelque chose l’empêchait de tourner…

J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps et même encore, je ne le prends pas. À toutes les fois que j’y pense, que j’en parle, le motton me pogne et les larmes coulent. Je ne peux pas croire que je vais avoir une césa, que je vais passer sous le bistouri pour avoir ma puce, que je ne la sentirai pas passer, pas sortir, comme son grand frère. Me semble que ça va être tellement froid :(

Alors dans une semaine moins un jour, à cette même heure heure, je serai en attente d’entrer dans la salle d’op. Dans moins de 2hres je tiendrai ma poupoune dans mes bras. Je passe sous le couteau mercredi prochain à 8h00. J’en serai à 38sa 3jres. Ils ne veulent pas me laisser commencer mon travail, trop de risques que les pieds s’engagent ou que le cordon glisse avant le reste. Impossible d’avoir un accouchement vaginal avec cette position. La seule chose qui me console un peu c’est que j’aurai ma poulette avec moi à la salle de réveil. Mais c’est bien peu…

Cherchez-moi pas pour les prochains jours, je serai discrète un peu partout, plein de détails à régler, de trucs à organiser, de valises à repenser, en plus du deuil de mon accouchement à faire…


Lubie de BM…

Avant l’arrivée de loulou, je m’entendais somme toute assez bien avec ma BM. Bon, pas assez pour faire une virée de zagaminage avec elle ou pour lui faire des confidences, mais tout de même. Puis, ça a changé. Loulou est entré dans nos vies et ma BM est devenue “accaparante”. S’est mise à faire des commentaires sur tout ce qui avait trait à fiston. S’est donc mise à me taper sérieusement sur les nerfs…

Ça s’est tassé tranquillement. Loulou a sût la charmer. Bon, c’est pas parfait, mais c’est mieux que c’était. Surtout si les rencontres sont espacées…

Puis est venue l’annonce de ma nouvelle grossesse. Mais surtout du sexe du bébé. Elle qui a toujours voulu avoir des filles. Et qui n’a eu que des garçons. Trois. M’enfin. On croyait qu’elle s’était “guérie” avec l’arrivée de sa première petite fille. Erreur. Elle s’est mise à faire une fixation sur ma poulette. Ça a commencé à la fête de loulou. Elle s’est mise à parler de ma puce en l’appellant sa “petite noire”. Qu’elle avait hâte de la voir. Qu’elle était convaincue que ma chouchoune aurait les cheveux noirs. Bon. J’ai trouvé ça étrange. Mes parents aussi. Mais c’est resté comme ça.

Puis vendredi, ma BM est venue garder loulou à la maison parce que la garderie était fermée. Au retour du travail, on se met à jaser bedaine. Veut, veut pas, me reste moins de trois semaines avant ma DPA, alors c’et pas mal le sujet de conversation principal ces temps-ci. Puis ma BM de partir sur une dérape. De dire qu’elle est convaincue que la puce va lui ressembler. Qu’elle va être petite, comme elle. Qu’elle va être menue, comme elle. Quelle va avoir les cheveux noirs, comme elle. Qu’elle va avoir les cheveux ondulés, comme elle. Qu’elle va avoir les yeux verts, comme elle. Finalement, qu’elle va être son sosie…

Y’a juste moi qui pense que c’est pas sain son affaire? Que c’est bizarre? Freakant même?!?

Je vous jure, j’arrête pas d’y penser et je feel tout croche. Mon Homme lui, prends ça avec un grain de sel. Il est habitué aux frasques de sa mère. Moi aussi. Habituellement. Mais là…

Peut-être aussi que c’est juste que tous les critères mentionnés sont en fait à l’opposé de ce que moi je suis: grande, avec un surplus de poids, avec les cheveux châtains clairs, droits, et les yeux bruns…

Je ne crois pas qu’elle mentionnait ces critères en tentant de m’effacer du portrait. Ou pour être méchante. Probable que c’est juste une réaction au fait que ses trois petits-enfants actuels tiennent tous plus des caractéristiques de leur maman que de celles de leur papa. Pour preuve, malgré le fait que les cheveux noirs sont habituellement une caractéristique dominante, tous les enfants ont les cheveux blonds… comme leur maman. Drôle tout de même. Et j’avoue que j’ai un malin plaisir à en parler ;)

M’enfin. Malgré le ridicule de la chose et la lubie qui s’en dégage, je me sens comme rayée du portrait. Comme effacée de l’équation par ma BM. Comme une matrice. Comme une usine à bébé qui ne fait que prêter son corps. Mais qui n’aura aucun impact sur l’apparence finale du “produit”. M’enfin, ça doit être les hormones…


Coup de vent!

Je passe en un coup de vent pour vous donner les dernières nouvelles!

Monsieur Papa est bien revenu et a repris son “shift” de soir avec loulou vendredi soir, en plus de se faire pousser dans le derrière par la grosse madame pour avancer dans les rénos du sous-sol et la transformation de la chambre de la puce;

Nous pensions avoir une petite fin de semaine tranquille pour nous reposer un peu, mais loulou lui, avait une autre vision. Il a été malade vendredi et samedi, et dimanche, se sentant miraculé et invincible, Monsieur a décidé de débouler les marches du sous-sol et d’atterir en bas, sur le béton. Direction l’urgence pour faire évaluer le tout (ben beau avoir une tête dure mais quand même) pour finalement s’en tirer avec des recommandations d’usage et un beau ti-papier sur les commotions cérébrales légères. Hum. Pas vraiment ce que j’appelle une fin de semaine rilaxe…

Lundi, suivi de grossesse pour mes 35sa. Et le coup de masse. Chouchoune a décidée de se remettre en transverse, la tête au niveau de mes côtes à droite, les fesses dans le bas, à gauche. Et zoup! appel à l’hosto pour une écho et une probable version le 5 décembre prochain. Dans 12 jours. Et je ne suis pas prête. Mais il faut que je le sois. D’un coup que…

Puis j’ai travaillé mardi. Puis mercredi. Puis jeudi.

Et finalement aujourd’hui. Vendredi. Fin de la semaine. Le lavage en retard. Le bordel dans la maison. De la visite en route. Mais bon, c’est pour une bonne cause. Le BF est de retour de l’Afghanistan pour quelques jours. On le verra aujourd’hui avec les enfants.

Et ça continue encore et encore comme ça, à tous les jours pratiquement, jusqu’au 5 décembre. Ahum. Je sais ben pas comment je vais faire pour arriver?!?

Sur ce, je retourne à mon bordel!


Maman mono à bout de nerfs

Mon mari d’amour est parti mardi matin en Floride pour un voyage d’affaires. Je suis donc seule avec loulou. Et si je vous disais que j’ai le goût de me trucider?!?

Le premier soir, tout s’est bien passé, quoique loulou n’a pas voulu souper. Mais bon, c’est pas un fait nouveau. Ça lui arrive parfois et il avait bien mangé toute la journée à la garderie selon la RSG.

Le réveil mercredi matin fut plus pénible. Imaginez un instant vous faire réveiller à 5h15 du matin par un gamin de deux ans qui hurle à fendre l’âme des “papaaaaaa!!!!” à n’en plus finir juste à côté de vos oreilles. Qui plus est, refuse de se faire consoler. De se faire prendre. Ou même d’entendre votre voix. Pendant 10 minutes. Ouaip. Méchant beau réveil. Surtout quand on sait qu’il nous reste encore trois autres matins avant que le dit papa soit de retour.

Loulou calmé, on tente de redormir. Peine perdue. Euh, c’est parce que la grosse Madame à la grosse bedaine de 34sa a comme de la difficulté à se réveiller hein. Et hop! le mal de coeur qui se met de la partie. Puis loulou qui pète des crises pour rien. Pour fouiller dans le frigo. Pour déjeuner. Pour s’habiller. Pour tout. Puis maman a une terrible envie de sacrer son camp à l’autre bout du monde. Alors, pendant que loulou pète une crise dans la salle de bain, la Madame s’élance et décide de kicker de toutes ses forces un toutou qui traîne. Pour revoler, ça oui, il a revolé. Mais la Madame avait comme qui dirait oublié que sa souplesse n’est plus la même. Elle s’est donc étiré quelque chose dans l’aine. Et la fesse. Bravo. La grosse madame boite maintenant en marchant. Et doit travailler toute la journée. Clap! Clap! Tout ça pour un toutou stupide. Pfff. M’enfin. Je ne devais pas en mener large parce qu’en déposant loulou à la garderie, la RSG m’a demandé si ça allait. Non. Maudit que j’haïs ça être toute seule :(

La bonne humeur est revenue au courant de la journée. J’ai même embrassé loulou tout plein en allant le chercher à la garderie. Lui aussi était plus colleux. Puis ça a été la soirée. Et loulou qui ne voulait pas manger. Encore. Maudit. Si 7h30 pouvait arriver en un claquement de doigts aussi. Pourquoi j’ai pas un nez de sorcière tout mignon qui exécute tous mes souhaits aussi hein?!?

M’enfin. Je m’en suis sortie. Ce matin, loulou était dans ma chambre à 5h00. Le pyjama tout détrempé. Hum. Beau réveil pour les deux hein. Changer un pyj plein de pisse pipi à 5h00 du matin, ça te réveille une grosse bonne femme. Au moins on a pu redormir un peu. Un peu j’ai dit.

Puis ça a été la routine du matin. Même histoire qu’hier. Crisettes pour tout et rien. Comme si j’avais le goût de revivre tout ça encore une fois. En sachant qu’il me reste encore un matin à revivre la même mausus de rengaine. Avoir eu une photo en gros plan de mon Homme en face de moi, je crois que j’aurais eu beaucoup de plaisir à lui dessiner des monstruosités dans le visage. Ou à jouer aux fléchettes sur son visage.

Je sais qu’il a rien à voir avec tout ce que je vis ici. Mais c’est plus fort que moi. Il me fait chier en ce moment. Je voudrais le trucider. Pfff. La belle vie en Floride. Manger au resto. Dormir tranquille dans un hotel seul dans un lit king. Pas de crisettes à gérer lui. Je tente de me consoler en me disant qu’il ne me reste théoriquement qu’un seul souper. Une seule soirée. Un seul dodo. Un seul réveil.

Au secourssssss…


Melting pot

Bah oui! Encore un vrac de nouvelles! Ça qui arrive quand une grosse Madame réalise en retard qu’il ne lui reste que 7 semaines avant d’accoucher. Et que les rénos ne sont pas terminées. Et que la chambre du bébé n’est pas terminée. Et que les vêtements ne sont pas lavés. Et qu’elle n’a pas fini de travailler. Et qu’elle reçoit douze milliards de personnes dans sa maison sale dans quelques jours…

Un chat qui court après sa queue vous pensez? Nah! Une baleine qui court après son souffle serait plus approprié ;)

Si j’élabore avec plus de détails mon préambule, disons que j’ai atteint le 33sa en fin de semaine. Quoi! Déjà?!? Ben oui! Moins de 7 semaines à faire. Moins de 2 mois. Moins de 48 jours avant de faire la rencontre de ma princesse. Quoi? Mais quelle bonne blague! Une chance qu’on fait du cododo, que j’ai déjà mes couches lavables et que mes seins me suivent partout parce que sinon, je serais en mode panique totale. Quoique…

Y’a aussi le fait que je travaille encore. Je devrais théoriquement arrêter à 36sa. Me reste donc 3 semaines. Malgré le fait que j’adore mon travail et que je vais terriblement m’ennuyer de mes collègues, mon corps lui, commence à trouver ça plus difficile. Faire des 6-7hres debout, à servir des clients, c’est pas évident avec une grosse bedaine. Au travail, ça va toujours bien et je me repose lorsque c’est tranquille, mais le soir, ishhh! La fatigue apparaît. Puis le mal de hanches. Et les pieds qui enflent. Plus que 3 semaines et je pourrai attendre patiemment ma puce et m’atteler aux dernières tâches. Vais-je y arriver?!?

On peut pas tout contrôler hein! Mais on peut se botter le popotin par contre ;)

Donc la semaine passée je me suis attaquée à la peinture de la chambre de la puce. Jeudi le plafond était chose du passé. Vendredi la première couche était donnée. Puis hier, la couche de finition était apposée. Me reste à faire quelques retouches au plafond et le tour sera joué! Me restera les trucs amusants à faire comme de monter la bassinette, faire la déco, laver le petit linge qui attend dans des boîtes empilées dans notre chambre, pour pouvoir ensuite le plier et le déplier à ma guise en ayant des étoiles plein les yeux en imaginant le bébé qui bientôt le remplira…

L’homme lui a profité de la fin de semaine pour enfin monter les murs au sous-sol. Wouhou! Enfin du progrès! Enfin la lumière au bout du tunnel! Enfin un semblant de pièce où l’on devrait être en mesure de pouvoir faire dormir quelques uns de nos invités qui arrivent vendredi. Pourquoi?

Parce que cette fin de semaine, mon loulou adoré célébrera ses 2 ans. Hein! Déjà? Ça fait déjà deux ans que j’ai accouché de mon blondinet? Ce bébé tant attendu? On dirait que c’était hier. Au plus, il y a un an. Mais pas deux!?!

Donc gros rush cette semaine pour préparer la fête. Faire le gâteau. Emballer les cadeaux. Faire les déco. Monter le menu. Faire l’épicerie. Faire le ménage. Préparer l’arrivée de mes invités.

Dormir? Bah! Pas le temps cette semaine, ça ira à l’autre! Oups. Marche pas. La grosse Madame tombe maman mono mardi prochain. Pour toute la semaine. Ah well. Je dormirai quand la puce arrivera. Mouahahaha!


Des photos!

Juste parce que ça fait longtemps. Parce que tout le monde me dit que j’ai “rondit” ces dernières semaines. Parce qu’il ne m’en reste plus pour longtemps. Voici deux petits photos de ma minie-bedaine. Oui, oui. Minie si on compare à celle que j’avais enceinte de loulou!

Alors voici ma bedaine “artistique” de 30sa, amoureusement égayée de coloris faits par Monsieur Papa et loulou :)

Et voici ma photo de bedaine de 32sa, prise il y a quelques minutes à peine :)

Je suis rendue ronde hein :P Moins de 8 semaines avant la fin…


Rhume de garderie… pour maman?!?

Ça y est. C’est arrivé. Après avoir échappé aux premières vagues de rhume de la garderie, on y a goûté. On pensait s’en sauver encore une fois. Pas de symptômes, rien. Puis vendredi, en revenant de la garderie, loulou a commencé à couler du nez. En soirée, c’était rendu des torrents de morve. Puis les pas-de-nuit. Shit…

Puis samedi matin, c’est la maman qui a commencé à se sentir enrhumée. Pour se sentir de plus en plus scrap au fil de la journée. Pour ne pas dormir de la nuit samedi. Pour finir par passer la journée au lit dimanche à morver, avoir mal partout, vomir, avoir froid, avoir chaud, avoir mal à la gorge et ne pas être capable de manger…

Ouaip. Alors que loulou survit quand même bien si on exclu les torrents de morve qui coulent de son nez, la Madame, elle, est vraiment maganée. Une grippe d’Homme pour la maman?!? M’enfin, je n’ai qu’un seul commentaire à formuler, les rhumes de garderie, ça fait chier!


Aurevoir Lucille…

En premier lieu, merci à vous toutes pour vos mots de réconfort et de sympathie à l’égard du décès soudain de ma tante…

C’est fait. Suite à mon dernier message, nous nous sommes rendus en Abitibi jeudi. Un beau 8hres de route à moins de 24hres d’avis. Puis vendredi ce fût le salon. Et ça a été le choc…

Le choc de voir ma tante couchée dans son cercueil. Le choc de voir à quel point ses poignets étaient minces. Le choc de voir son corps si petit. Le choc de voir ses joues creuses. Le choc de réaliser que plus jamais je ne verrai ma tante, que plus jamais elle ne sera de la partie lors des rencontres de famille…

Il y a eu la peine aussi. La peine de regarder son beau grand italien de mari. Lui qui avait toujours une étincelle de malice et d’amour pour sa belle Lucille dans le fond de son oeil. Elle n’y était plus. N’y avait que son grand regard noir et triste. La peine de voir ses deux beaux grands garçons de 18 et 20 ans désormais sans maman. La peine de voir sa soeur jumelle être forte et s’étourdir dans tous les aspects et détails techniques. La peine de voir ses parents, mes grands-parents, abasourdis, dans l’incompréhension la plus totale de l’absurdité de la vie. La peine de voir ses frères et soeurs pleurer. La peine de voir ma maman, l’aînée, regarder sa petite soeur couchée et sans vie. Elles se ressemblaient tellement…

Il y a eu aussi la douleur. La douleur de toute la famille. La douleur aussi causée par des contractions, probablement dûes aux émotions….

Samedi ce fût les funérailles. La cathédrale pleine à craquer. De famille. De collègues des uns et des autres. D’amis. Tous les bancs étaient pleins. Tout l’amour du monde réuni pour  dire un dernier aurevoir à Lucille. Et ce fût triste. Et touchant. Et pour une fois, le fait d’être dans une église ne me tourmentait pas. Le prêtre a sût cerner la famille. Pas d’homélie sur le fait que “la douleur aide à l`élévation de l’âme”. Une chance. Parce que ce sont que des sornettes. De la bullshit pure et simple. Pas quand on ne veut pas mourir. Pas quand on a seulement 46 ans. Pas quand on décède en moins de six mois d’un cancer du côlon. En moins de 48hres d’un cancer généralisé…

Puis il y a eu une rencontre de famille. Pour se donner de la force. Pour se donner de l’amour. Stupidement, une fois de temps en temps, je cherchais ma tante du regard. Je pense que ça va être long avant que tout ça ne fasse réellement son chemin…

L’histoire de ma petite Éléonore aura aussi été l’histoire de la fin de Lucille. Je suis certaine qu’elles se sont croisées à quelque part. Pour ne pas oublier, pour ne pas que ma tante tombe dans l’oubli, on a décidé d’inclure Lucille dans les prénoms de ma petite poupoune. Elle aura son ange gardien à elle.

Aurevoir Lucille, veille bien sur ma puce…


Wheel of time… of life… (UP-DATE)

40 semaines avant de rencontrer la vie… 40 semaines avant de rencontrer la mort…

Je ne me souviens plus si j’en ai déjà parlé ici. Me semble que oui. Ça ne me tente pas de chercher pour trouver. Alors au pire je vais radoter un brin.

Avant même de faire mon test positif pour cette grossesse-ci, je suis allée à Pâques en Abitibi voir ma famille. Pendant le souper, la plus jeune soeur de ma mère racontait qu’elle avait beaucoup de douleur dans les reins depuis un certain temps. Comme ça ne semblait qu’un mauvais tour de reins ou quelque chose du genre, elle était en attente avant de pouvoir rencontrer son doc. Personne n’était inquiet. N’est-ce pas monnaie courante que d’avoir mal au dos?!? De retour chez moi, je fais un test positif et découvre que je suis enceinte de ma deuxième merveille.

Entre temps, les douleurs augmentent chez ma tante qui se rend à l’urgence et est hospitalisée. Les médecins en profitent pour faire des tests. Le diagnostic tombe quelques jours plus tard. Cancer du côlon. Stade 4. Ça ne fait même pas deux semaines que je sais que je suis enceinte. Personne dans ma famille n’est encore au courant…

Les semaines passent. Ma bedaine grossit. La vie fait son chemin dans mon ventre. Les semaines passent. Ma tante poursuit ses traitements intensifs de chimio. La mort fait son chemin dans son ventre. Pendant que je resplendis, ma tante, elle, dépérit. Pendant que ma puce me donne des coups et me donne des signes de vie, le cancer ronge et donne des signes de mort. Alors que ma grossesse est parfaite, les complications s’enchaînent une après l’autre pour ma tante.

Malgré tout, une étincelle d’espoir brillait toujours. Puis il y a eu hier. Hier où mon père m’a annoncé que suite à un scan, les docs ont trouvé des métastases à la grandeur de son corps. Il n’est plus que dans sa bedaine. Il est dans ses poumons. Dans ses ganglions. Dans son cou. Partout. Le cancer a gagné.

Bientôt, les traitements seront suspendus. Ce sera les soins palliatifs. Le traitement de la douleur, point. Ce ne sera plus une bataille pour gagner. Ce sera un abandon pour mourir. Le plus sereinement possible. Mais comment on fait pour mourir à 46 ans? Quand on a deux garçons de même pas 20 ans? Quand on a un mari à nos côtés? Quand la vie est sensée être devant nous?

Pendant que moi je porte la vie, ma tante de 46 ans se meurt. Fort probable qu’elle ne rencontrera jamais ma poulette…

40 semaines avant de rencontrer la vie… 40 semaines avant de rencontrer la mort…

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Tout est fini. Ma tante a décidé qu’elle ne voulait plus souffrir. Elle est morte au petit matin…


La chute de la baleine…

Je vous mets en contexte:

10h55. Fin du cours d’aquaforme prénatal. Une trentaine de mamans bedonnantes sortent de la piscine. Le troupeau récupère ses effets. Puis la procession commence pour descendre deux volées de marches. Direction, le vestiaire.

Puis, beding, bedang, gros fracas. Une baleine en stume rose dévale la dernière volée de marches sur le derrière. Une dizaine. Commotion générale chez les baleines. Un membre du troupeau s’est blessé. La monitrice arrive. Le sauveteur aussi. La baleine, elle, ne veut que s’en aller chez elle, l’orgueuil en miette. Les fesses en feu. Le coude gauche amoché. La cheville et le pied gauche bleutés et endoloris.

Vous aurez deviné que la baleine rose, c’est moi…

Résultat de ma chute?

Un après-midi à la maternité en monitoring pour vérifier que miss poulette se porte bien et que les contractions s’espacent. Une fesse en compote. Un pied gauche amoché. Sans parler de l’entorse à la cheville. Et des brûlures. Et des contusions. Et de la douleur. Et du fait que je ne peux aller travailler. Et m’occuper de loulou. Et me déplacer. Et de ma fierté envolée…

Mais bon, au moins poulette se porte bien, y’a que la maman qui a souffert et souffre encore.

Vous voulez voir?

Beau hein ;)